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Portrait

Prise de conscience

Pratiquez l’entraide ! C’est le moyen le plus sûr pour donner à chacun et à tous la plus grande sécurité, la meilleure garantie d’existence et de progrès physique, intellectuel et moral.

Pierre Kropotkin, L’entraide: un facteur de l’évolution

À l’âge de huit ans, je reçois à un concours scolaire, un livre bleu et orange intitulé Le grand livre des droits de l’enfant. Faisant le récit d’éclats de vie avec de magnifiques photos poignantes prises par l’UNICEF, ce livre marque le début d’une forme de compréhension critique du monde.

Je me souviens très bien de ce que pense un enfant de huit ans qui passe à côté d’un clochard dans le métro. « L’explication des adultes est insuffisante. Non, on ne peut pas rien y faire. Il doit y avoir un moyen de réparer cette injustice ».

24h de la voile, 1992

Cette intuition se précise avec un autre livre-clef de mon enfance, reçu au sortir de l’école primaire. Le journal de XXe siècle, qui retrace année après année les évènements historiques majeurs mais aussi les petites histoires. Grâce à ces chroniques illustrées, je découvre le lien entre les dates; le vivant entre les lignes mortes des leçons d’histoire.

Ouf, tout s’explique. Je comprends que notre culture, notre langage, nos habitudes, nos jugements, nos condamnations arbitraires même, tout, est issu d’une culture, d’un héritage. Le présent, les situations, les opinions, sont des phénomènes structurels. Plus on arrive à les saisir, à faire le lien entre les choses, plus le monde est complexe et plus il a du sens.

Après, j’ai dévoré Romain Gary, Joseph Kessel, Edgar Morin, Eduardo Galeano, René Dumont, Eric Hobsbaw, Hannah Arendt, Michel Foucault. J’ai appris à désacraliser les livres pour en faire des objets d’action (tous gribouillés).

Voyages

Et le monde nouveau, qui s’ouvre à nos cerveaux, nous fait voir autrement et nous chante comment la vie vaut bien le coup, malgré tout.

Barbara, Les voyages

Alors, chaque visite de l’ailleurs devient une rencontre avec mes propres repères et une quête d’immersion qui me nourrit. J’aime jouer les caméléons, prendre les allures, les accents et sentir en moi ce qui fait l’autre. États-Unis, Corée, Polynésie, Europe de l’est, Irlande, Argentine, sont parmis les territoires que j’ai engloutis.

Préparation voyage en train Paris-Constanța, 2008

M’assumer a souvent consister à devenir plurielle. Trop d’identités en une pour être facile à catégoriser, j’ai fini par prendre le plis de dire aux gens ce qu’ils voulaient entendre, … et reconnaître que je faisais partie de cette humanité comme les non-binaires, les adoptés, les émigrés, qui n’ont pas qu’un seul visage.

De la petite enfance aux études supérieures, en passant par les grandes histoires d’amour, les voyages et les installations aux quatre coins du monde ont fait partie de mon chemin. J’avais besoin viscéralement de m’évaporer dans la différence et dans la distance.

Et c’est grâce à ses nombreuses vies que j’ai eu enfin le courage de venir vivre en Bretagne. Bizarrerie de l’identité, mon enfance et adolescence, passées entre les landes trégoroises ensauvagées et l’asepsie de la région parisienne avaient coulé en moi une sorte d’interdiction du droit à vivre, danser, chanter, naviguer et aimer toute l’année en Bretagne.

Voilà ce que je dirais à mon fils dans 10 ans. « J’ai eu besoin de me perdre dans cette insouciance d’avions pris comme des autobus. C’était une époque où l’on croyait que la petite goutte d’eau individuelle n’avait pas d’impact. Toi, tu es né quand déjà, mon moyen de transport préféré était le vélo. Le tandem, précisément. C’est presque grâce au tandem que tu existes. Il n’y a plus d’insouciance mais à la place, il y a la liberté, la gratuité et la simplicité d’une gourde, d’une tente et d’un coup de pédale. Et si tu le souhaites, nous irons tout aussi loin ».

Racines

La vie n’attend pas.

Françoise Sagan

Mon grand-père paternel était un fils de forgeron réunionnais, émigré à Madagascar. Sa persévérence et une bonne dose de hasard l’ont propulsé au lycée Lakanal en 1939. Il se retrouve dans l’armée de l’Air, puis vient la débâcle, retour à la maison. Madagascar était tombée côté vichiste, les anglais la libèrent, il repart avec eux par Bonne Espérance et devient navigateur dans les bombardiers du groupe Lorraine jusqu’à la Libération. 21 ans. 88 missions.

De lui, je ne connais pourtant que la joie de vivre, les histoires drôles et les luttes locales contre la bétonisation de la côte bretonne où il a passé sa retraite. J’apprends en grandissant qu’il a été chef de district, secrétaire d’état et diplomate pour Madagascar, faisant partie de ces personnes-liens qui ont bâti la paix, entre la période coloniale et l’indépendance.

Georges Nativel, Nations-Unies, 1967

Mon grand-père est mort après avoir vécu les longues dernières années de sa vie fortement handicapé par les séquels d’un AVC. Il était devenu un homme silencieux, recourbé, l’air absent et pourtant toujours souriant, reconnaissant et digne.

Il m’a enseigné, en toute discretion, trois choses: le courage, l’humour et l’humilité. Souvent je me demande ce qu’il dirait du monde d’aujourd’hui.

Lui faire honneur est un phare sur ma route.

Envol

Aussi, je donne tout ce que je peux donner, je finis par trouver que la vie est bien belle, et que plus je la risque, plus elle a de la valeur. Je suis heureux, tout simplement.

Jean Mermoz, cité dans sa biographie écrite par Joseph Kessel

Quand je m’installe en Bretagne avec mes nombreux bagages, mes expériences hétéroclites et mes certitudes un peu confuses, je sais pourquoi je suis prête à faire naître la révolution qui vient.

Bisous de homard

J’ai connu la violence des petits métiers réservés aux bonnes femmes: vendeuse, caissière, secrétaire.

J’ai trimé durement auprès des lottes, des araignées, des chaînes et des vérins en travaillant en pêche côtière et en devenant matelot sur des vedettes touristiques.

J’ai découvert la cruauté du monde de la culture avec ses personnalités égotiques, ses structures juridiques bancales, ses bouts de ficelles et ses impodérables financiers.

J’ai goûté à la persévérence de la recherche en menant une étude des conditions de travail dans la pêche industrielle en Atlantique Sud et le rôle de la coopération internationale dans leur amélioration.

J’ai eu des postes à resonsabilité où j’ai compris les enjeux du management et la complexité des rapports de subordination.

J’ai raté les oraux d’un concours administratif dans lequel j’avais mis mon avenir, ma foi, mes tripes.

J’ai passé deux ans à co-construire un projet pharaonique de coopérative citoyenne, foncière urbaine, collectif de travailleurs, espace de sensibilisation à l’écologie, resto végé et j’en passe, qui n’a jamais abouti.

Et après tout ça, avec mon âme soeur, mon compagnon de route, mon alter-égo, on a auto-construit une tiny-house et on est partis dans la friche.

Résistance · Reliance · Résilience

When centralised, stock-concentrating civilisations have faltered in the past, people have often responded by switching to rural self-reliance.

Chris Smaje, A small Farm Future

Depuis, les annés ont passé. Je suis très lentement passée d’urbaine nantie à rurale avertie (en passant par l’ineffable case de néo-rurale illusionnée). Je n’ai de leçon à faire à personne sur la manière de faire, ni de récit idyllique sur ce que permet ce pas de côté.

Espace d’habitation proportionné à l’espace de nourriture

On a vécu en collectif, avec des degrés divers de fusion et d’entraide. Et dans ces expérimentations parfaitement imparfaites, je n’ai jamais pu m’empêcher d’être dans l’analyse.

Je déconstruis le rapport à l’échec, au temps, au travail, au genre, à l’argent, au droit, à l’amour et à la permanence.

Je réécris un rapport au vivant, à la justice, aux relations, au matériel, au politique, au récit, aux échanges.

Je crois sincèrement dans ce possible qu’est la coopération. J’ai trouvé ma place dans cette posture d’écoute du groupe et de légitimation de l’animation. J’ai compris qu’on avait des services à se rendre en s’organisant.

Aujourd’hui, la coopération est au coeur de ma relation au monde: en tant qu’amoureuse, que maman, que paysanne, qu’enseignante, que facilitatrice de groupe et que podcasteuse.

Longtemps j’ai cru que ce pas de côté était révolutionnaire. Et puis, je me suis rendue compte que la coopération n’était pas si subversive. C’est un pilier démocratique. L’enjeu est donc avant tout éthique. Aider à rendre nécessaire les respect de ces trois principes simples de la démocratie: l’expression libre des idées, le débat et la décision collective.

Et pour que ces bases soient accessibles au plus grand nombre, il est essentiel de revoir nos manières de vivre avec nos émotions et nos ressources pour communiquer.

La prochaine révolution sera émotionnelle.

Curieuses formations

2011 · Bachelor of Arts in History, Politics, Sociology and Social Studies

University of Limerick, Ireland

2017 · Maestría de coopéración e integración internacional

Universidad Nacional de Rosario, Argentina

2018 · Laboratoire de transformation sociale

Escargot Migrateur, France

Curieuses expériences

  • France · 2005-2007
    • Baby-sitteuse
    • Prof de soutien scolaire
    • Aide-mono au Centre nautique de Perros-Guirec
  • Irlande · 2007-2011
    • Prof d’espagnol dans un centre social
    • Youth officer pour Amnesty International
  • Argentine · 2011-2014
    • Secrétaire de campagne pour les élections provinciales de Terre de Feu
    • Guide touristique à Ushuaia
    • Coordinatrice de la culture et de la communication à l’Alliance française de Rosario
    • Participante au Programa de implementación de huertas urbanas
  • Mer · 2015-2016
    • Vacataire au Centre de sécurité des navires de La Rochelle
    • Secouriste PSE1 avec la Protection Civile
    • Hôtesse sur le Bretagne et l’Armorique, Britanny Ferries
    • Matelot sur le Poatr Bihan, île Grande
    • Matelot-conférencière sur les vedettes d’Armor Navigation, Perros-Guirec
  • Bretagne · 2017-2021
    • Co-fondatrice de la SCIC Blaz an Douar
    • Entrepreneure salariée de la CAE Avant-Premières en tant que formatrice-consultante
    • Associée de la Manufacture coopérative, structure nationale de recherche-action
    • Enseignante en communication à l’IUT de Lannion sur le BUT Multimédia et métier de l’internet
    • Podcasteuse pour la Voix Coopérative

Maintenant, c’est à vous,


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